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Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka

Une fois n'est pas coutume ! Cette année, j'ai décidé de suivre la rentrée littéraire comme tout lecteur bien appliqué. J’inaugure la série avec un roman étranger, qui n'est sans doute pas parmi les plus connus, mais qui a quand même été chroniqué par un certain nombre de critiques littéraires : Delphine Peras dans le magazine Lire, Josyane Savigneau dans Le Monde, ou encore Carine Chichereau dans La Croix.

La raison tient sans doute au fait que Julie Otsuka se trouvait au festival America à Vincennes, le week-end dernier. Il faut dire que cette romancière américaine n'en est pas à son coup d'essai puisqu'elle est l'auteur d'un autre livre intitulé Quand l’empereur était un dieu (When the Emperor was Divine en version originale). Aux États-Unis, Certaines n'avaient jamais vu la mer (The Buddha in the Attic), son second ouvrage, a été récompensé par le prestigieux PEN/Faulkner Award for Fiction en 2011.

Bien qu'estampillé « roman », Certaines n'avaient jamais vu la mer tient presque davantage de l'essai historique. Dans cet opus, en effet, l'auteur, nous raconte l'histoire d'un groupe de Japonaises immigrant aux États-Unis après la Grande Guerre. Celles-ci viennent épouser des compatriotes déjà installés sur-place mais dont elles ne savent rien, puisqu'elles les ont « rencontrés » par correspondance. Pour certaines d'entre elles, la déception sera à hauteur de leurs espérances.
Le « nous » collectif est de rigueur jusqu'à la fin du livre et permet malgré tout au lecteur de s'identifier aux personnages. Par ailleurs, Julie Otsuka, finit par essaimé quelques prénoms et patronymes permettant d'humaniser ce groupe au destin collectif. Car, durant la seconde guerre mondiale, toutes ses femmes, ainsi que leurs maris, et les enfants qu'elles ont eu avec eux, vont être déportés loin de San-Francisco, leur ville d'adoption. Leurs anciens voisins pensent qu'on les a conduit loin de la côte, dans les montagnes, où ils ne risqueraient pas de s'adonner à des activités d'espionnage.
Je me permets ici une petite parenthèse car je suis allée en vacances dans le Montana, il y a un an, et je me souviens effectivement d'avoir visité un camp qui avait accueilli des familles japonaises durant cette période.

Le livre de Julie Otsuka est court et en même temps très dense. Elle aborde un sujet peu connu (même des Américains, ainsi qu'elle l'a expliqué récemment lors d' une interview accordée à Kathleen Evin dans L'humeur vagabonde sur France Inter). La manière de le traiter est très sobre et débarrassée de préjugés caricaturaux. Tous les Japonais ne sont pas des gens discrets et bien élevés. De même, tous les Américains de souche ne sont pas des personnages racistes et sans cœur.

Certaines n'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, Phébus, 2012, 144 pages

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Discussions
1 avis pour “Certaines n'avaient jamais vu la mer - Julie Otsuka”
  1. ça a l'air pas mal.

    Dans la série de SF de la colonisation de Mars de Kim Robinson (Mars la rouge, Mars la bleue...), un leitmotiv des colons est "shikata ga naï" - On n'y peut rien, c'est comme ça, phrase qui est récupérée de cette période difficile de la 2ème guerre mondiale pour les immigrés japonais en Amérique et qu'ils se répétaient dans la galère pour se consoler.

    Effet de bord: je lis un livre de SF sur Mars et j’apprends un peu de l'histoire des USA Rigole

    Par Kao Bang | lundi 1 octobre, 14:15
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