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Suis-je snob ? - Virginia Woolf

Soyons présomptueux et imaginons que vous fréquentez le Cafeduweb depuis plus d'un an. Dans ce cas, vous vous souvenez peut-être de notre billet intitulé Des livres à l'usage des snobs et des autres. Il nous a semblé que cette sélection d'ouvrages devait être complétée par cet opus, Suis-je snob ?, qui est en réalité une compilation de textes de Virginia Woolf, pour la plupart inédits. L'éditeur a également eu l'idée d'y incorporer Qu'offrir à un snob de Walter Benjamin.

Dans son introduction à l'ouvrage, le traducteur de Virginia Woolf, Maxime Rovere, nous rappelle dans quel contexte la romancière anglaise a rédigé Suis-je snob ? Il s'agit en fait d'une sorte de conférence donnée durant l'hiver 1936-1937, devant les membres du "Memoir Club", un groupe composé de ses amis. Né en 1920, à l'initiative de Molly et Desmond McCarthy, celui-ci rassemblait les anciens du "Bloomsbury Group", un cercle d'étudiants de Cambridge que le frère de Virginia avait fréquenté et dont la plupart des habitués vivaient dans le quartier de Bloomsbury. L'une des règles du Memoir Club consistait à rédiger des mémoires puis à en faire la lecture devant une assemblée de proches. C'est à cette occasion que Virginia Woolf compose Suis-je snob ?

On ne va pas développer ici la thèse exposée par la romancière britannique. Sachez seulement qu'elle y évoque une période de sa vie où elle fréquenta régulièrement le salon de Sibyl Colefax, une aristocrate qui s'était entichée de nombreux artistes et mettait un point d'honneur à les réunir chez elle, à Argyll House. Le texte lui-même ne manque d'humour et de dérision. Virginia Woolf y confesse volontiers sa fascination pour les têtes couronnées en particulier et l'aristocratie en générale. Peu importe au fond qu'elle aît peu d'affinités avec ses membres, le simple fait de les approcher et de partager leur intimité semble la combler au plus au point. Les membres de la noblesse britannique, de leur coté, se flattent de promouvoir les intellectuels et les artistes.

Les autres textes viennent illustrer le premier avec beaucoup d’à-propos. On y trouve notamment un hommage au fameux dandy George Brummell, qui régna sur la mode et la haute société anglaise, durant la Régence. On peut encore mentionner La robe neuve, un texte dédié à la vacuité des grandes bourgeoises, où La nièce d'un comte qui nous rappelle quelques principes caractéristiques de la société britannique. Le petit texte de Walter Benjamin, en fin d'ouvrage, illustre avec ironie badine celui de Virginia Woolf. L'auteur allemand y propose une série de livres à offrir à des snobs. La sélection est bien-sûr argumentée... mais pas forcément dans le sens attendu.

Suis-je snob ? Et autres textes baths de Virginia Woolf (Petite Bibliothèque Payot, janvier 2012, 176 pages)

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