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Lyon vue par Stendhal

Il aurait été trop facile d'évoquer Marie-Henri Beyle (1783-1842) lors de nos étapes en Italie. Aussi, nous avons laissé de coté Rome, Naples et Florence, le premier ouvrage qu'il publie sous le pseudonyme de Stendhal, ou le guide de voyage intitulé Les Promenades dans Rome.

Notre texte est extrait des Mémoires d'un touriste, un recueil composé de deux parties. L'écrivain y relate son expédition en Bretagne et en Normandie; puis le marathon qui le conduit successivement à Paris, Grenoble (sa ville natale), Chambéry, Genève, Avignon, Gênes, Toulon, Nîmes et Montpellier. Parti de Nantes, en juin 1837, Stendhal rentre à Bordeaux en septembre de la même année.

« Venise est si malheureuse et Lyon si riche, qu’il serait possible d’acheter un palais de Venise, par exemple le palais Vendramin. On numéroterait les pierres de la façade et la navigation les amènerait à Lyon.
Sous le vestibule de cet hôtel de ville, et contre le mur à gauche, on voit le Rhône, statue colossale qui s’appuie sur un lion rugissant et sur une rame. Il a l’air furieux : à ses côtés est un énorme saumon. Il n’y a rien à désirer-, cela est parfait.
Vis-à-vis la grosse statue du Rhône, est une grosse statue de la Saône, également appuyée sur un lion. Ces deux statues, de Guillaume Coustou, décoraient la place Bellecour et feraient bien d’y retourner. Il faut au sculpteur une science profonde et surtout un caractère hardi, pour faire des statues colossales. Faute de quoi, elles ont l’air d’une miniature vue avec une loupe.
(…)
Pour classer par les yeux tous mes souvenirs de Lyon, dès que mes affaires ont été terminées, je suis monté sur la tour de l’église de Fourvières. C’est de ce point que fut dessiné le premier panorama. La vue est admirable. La Saône paresseuse coule, avec lenteur, sur des rochers au pied de la colline ; au delà de la ville, du côté du Dauphiné, on aperçoit le Rhône impétueux qui vient se joindre à la Saône paresseuse à l’extrémité de la presqu’île de Perrache (au pont de la Mulatière), et l’entraîne avec lui. Les places, les rues, les quais, les ponts, sont couverts de petits hommes qui se pressent et paraissent dans une grande activité ; au delà du Rhône, et d’une plaine de huit ou dix lieues, on aperçoit tout près de terre les sommets les plus élevés des montagnes du Dauphiné, et enfin, beaucoup sur la gauche, quand le temps est serein, et surtout après une pluie d’été, on a la vue du vénérable Mont-Blanc, dont le trapèze blanc s’élève bien au dessus des nuages.
 »

Stendhal, Mémoires d'un touriste, Paris, 1838

Visites guidées
Mémoires d'un touriste de Stendhal sur Wikisource
Mémoires d'un touriste de Stendhal sur Gallica
Exposition Stendhal sur Lectura (le portail des bibliothèques des villes-centres de Rhône-Alpes)
Stendhalia sur le site de l'Université de Grenoble
L'Association Stendhal à Grenoble
Le blog de l'actualité stendhalienne
Stendhal sur Armance.com

Images:
Stendhal en 1840 par Johan Olaf Sodermark (1790-1848)
Basilique Notre-Dame de Fourvière vue de la Saône via Wikipedia

Références
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Discussions
1 avis pour “Lyon vue par Stendhal”
  1. Justement, nous avons profité des vacances pour nous promener dans cette ville bien agréable et superbe, où j'ai habité quand j'étais jeune.

    Par liliba | samedi 13 août, 23:01
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