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Cafés littéraires parisiens #2 Les Champs-Élysées et les palaces

Nous poursuivons notre excursion historique et littéraire dans Paris. Après avoir écumés les cafés des Grands Boulevards et de la Butte Montmartre qui firent le bonheur des littérateurs du 19ème siècle, nous avons décider de nous aventurer du coté des établissements plus luxueux. En effet, à la fin du 19ème siècle, les restaurants chics et palaces attirent les touristes fortunés et les écrivains mondains.


Place Vendôme par Edouard Leon Cortes (1882 - 1969)


Le Doyen ou Les Ambassadeurs s'adapte à la clientèle. L’Hôtel de Crillon, sur les Champs-Elyssées, est l'un des plus anciens avec Le Meurice, mais les ouvertures se multiplient, répondant à la mode anglo-saxonne. Ce sont les grandes heures du Ritz (1898), du Bristol (1925), du George V (1928), Prince de Galles (1928), ainsi que des restaurants comme Maxim’s (1793) et le Fouquet's (1899).


Photo de gauche: Paris Ier arr., la rue de Rivoli et l'hôtel Meurice. © ND / Roger-Viollet
Photo de droite: Hall de l'Hôtel Meurice


Hôtel Meurice, 228 rue de Rivoli, 75001 Paris (Métro: Tuileries)
En 1771, Augustin Meurice ouvre le premier établissement, au 223 rue Saint-Honoré. Il s'agit alors d'une auberge destinée à accueillir les touristes anglais et leur fournir divers services (personnel parlant anglais, bureau de change, etc). En 1835, Le Meurice déménage pour s'installer en face du parc des tuileries, près du Louvre. Dès lors, considéré comme l'un des joyaux des palaces à la française, il attire de nombreux artistes et gens de lettres, à l'instar de William Thackeray (qui évoque l'Hôtel Meurice dans son guide de Paris en 1840), Charles Dickens (juillet 1844) ou Robert-Louis Stevenson (en 1863). A partir de 1856, l'Hôtel Meurice est voisin de la librairie Galignagni (n°224), qui édite de nombreux auteurs anglo-saxons. En 1935, selon le poète Léon-Paul Fargue la clientèle des hôtels parisiens se répartie en trois catégories : « la mauvaise, la bonne et celle du Meurice ». A coté des princes et des hommes d'affaires, on y croise Rudyard Kipling, Edmond Rostand, Gabriele D'Annunzio, Paul Morand, François Mauriac, Paul Léautaud, Jean Paulhan, Francis Scott Fitzgerald, Jean Cocteau, Jean Giraudoux, Roger Peyrefitte...


Image de gauche : Hôtel Ritz, place Vendôme , Paris. 1901. Placard publicitaire. BNF
Phto de droite: Bar Hemingway, Ritz


Le Ritz, 15-17 place Vendôme, 75001 Paris (Métro: Opéra, Madeleine, Tuileries ou Concorde)
Le Ritz est inauguré le 1er juin 1898. En 1922, paraît la nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, Un diamant gros comme le Ritz. Marcel Proust en fait une annexe à ses domiciles successifs. Il y a croisé James Joyce, en1922 et Colette en 1948. Le 25 Août 1944, avec deux ou trois jeeps et une demi-douzaine d'hommes, Ernest Hemingway libère l'hôtel, occupé par les Allemands. Le bar porte désormais son nom et on y organise régulièrement des promotions et signatures d’ouvrages et des conférences littéraires.



Paris (VIème arr.). Carrefour de la rue de Sèvres et du boulevard Raspail. L'hôtel Lutétia. © ND / Roger-Viollet


Hôtel Lutetia, 45 boulevard Raspail, 75006 Paris (station Sèvres-Babylone) L'Hôtel Lutetia est construit en 1910 au cœur de Saint-Germain-des-Prés, pour accueillir les touristes et surtout les clients du Bon Marché. Profitant du dynamisme artistique et littéraire de l'entre-deux-guerres, il attire de nombreux écrivains parmi lesquels André Gide, James Joyce, Samuel Beckett, Antoine de Saint-Exupéry, Jean Cocteau, André Malraux, Henrich et Klauss Mann. Albert Cohen y écrit son chef-d’œuvre, Belle du Seigneur. Le Lutétia a reçu bien d'autres personnalités comme Alexandra David-Néel, Rainer Maria Rilke ou Françoise Sagan. En 2005, Pierre Assouline lui a consacré un roman intitulé Lutétia (Gallimard), récompensé par le prix de La Maison de la Presse. Tout au long de l'année 2011, l'Hôtel Lutetia organisera des salons de lecture à voix haute, en collaboration avec l'association de comédiens Les Mots Parleurs.



Le Fouquet's, Hall d'entrée


Le Fouquet's, 99 Avenue Champs-Elysées 75008 Paris (Métro George V)
Le Fouquet's Paris a été créé en 1899 et attire très tôt les écrivains fortunés. Dans les années 1920, François Mauriac fréquente aussi bien les cafés de la Rive gauche, comme les Deux-Magots, que les Bars des Champs-Elyssées comme le Fouquet's. En 1936, James Joyce et son épouse Nora aiment venir y déguster des homards. Le romancier irlandais, qui rédige alors son Finnegans Wake, en ai un client régulier. Aujourd'hui, l'une des salles de réunion porte son nom. Le dramaturge Samuel Beckett y rencontre la galeriste américaine Peggy Guggenheim. De nombreux prix littéraire sont régulièrement décernés au Fouquet's: Le prix Roger-Nimier, chaque deuxième quinzaine de mai depuis 1963; le prix Marcel Pagnol, début juin; le Prix Littéraire Européen Madeleine Zepter, etc.


Images: Paris en Images

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Suggestion de mots-clefs : fouquet's 1899 ; associations litteraires à paris ; les caf?s litt?raires du lut?tia ;
Discussions
1 avis pour “Cafés littéraires parisiens #2 Les Champs-Élysées et les palaces ”
  1. tu crois que j'ai une chance...ma petite Alex...?
    Peur Rigole Bisous

    Par SentisMental | dimanche 27 février, 11:34
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