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Quimper vue par Flaubert

Le 1er mai 1847, le jeune Gustave Flaubert (1821-1880) et son ami, l'écrivain et photographe Maxime Du Camp (1822-1894), quittent Paris avec, pour seuls bagages, un sac sur le dos et des carnets de notes. Ils se rendent à pied en Bretagne. Un voyage qui dure quatre mois et se solde par un récit intitulé Par les Champs et par les Grèves.

« Quimper, quoique le centre de la vraie Bretagne , est distinct d’elle. Sa belle promenade d’ormeaux, le long de la rivière qui coule entre les quais et porte navires, la rend fort coquette, et le grand hôtel de la préfecture, recouvrant à lui seul le petit delta de l’ouest, lui donne une tournure toute française et administrative. Vous vous apercevez que vous êtes dans un chef-lieu de département, ce qui vous rappelle aussitôt les divisions par arrondissements, avec les grandes, moyennes et petites vicinalités, les comités d’instruction primaire, les caisses d’épargne, les conseils généraux et autres inventions modernes qui enlèvent toujours aux lieux qui en sont doués quelque peu de couleur locale pour le voyageur naïf qui la rêve. N’en déplaise aux gens qui prononcent ce nom de Quimper-Corentin, comme le nom même du ridicule et de l’encroûtement provincial, c’est un charmant petit endroit et qui en vaut beaucoup d’autres plus respectés.
Vous n’y retrouvez pas, il est vrai, les fantaisies de Quimperlé, le luxe de ses herbes, le tapage de ses couleurs, mais je sais peu de choses d’un aspect aussi agréable que cette belle allée qui s’en va indéfiniment au bord de l’eau et sur laquelle l’escarpement presque à pic d’une montagne toute proche déverse l’ombre foncée de sa verdure plantureuse. (…)

Nous avons vu aussi à Quimper la cathédrale, grande église du xv° siècle qui ne nous a pas divertis quoique ses tours carrées aient deux immenses baies vraiment très bien construites, quoique son abside soit penchée à droite ainsi que sur son épaule fa tête du Christ mourant, et quoiqu’il y ait en outre une assez gentille Vierge de Ottin, d’une sculpture plus gracieuse qu’élégante et plus mollasse que tendre. »


Gustave Flaubert, Par les champs et par les grèves, Tome1- Bretagne, 1885 (posthume)

Visites guidées:
Par les champs et par les grèves de Gustave Flaubert sur Wikisource
Flaubert en Bretagne, Par les champs et par les grèves sur le blog d'André Le Corre
Flaubert et son voyage en Bretagne dans les Annales de Bretagne sur Persée
Gustave Flaubert et Maxime Du Camp à Ancenis sur Terres des écrivains
Gustave Flaubert sur le site de l'Université de Rouen
Vie et oeuvre de Gustave Flaubert

Image:
Le port de Quimper en 1857 par Eugène Boudin (1824-1898)

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