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Jonathan Safran Foer a-t-il réinventé le livre-concept ?

Le nouveau roman de Jonathan Safran Foer, intitulé Tree of codes (Arbre des codes), ressemble à un livre ordinaire. La couverture est une vague réminiscence de ses précédents ouvrages dont les jaquettes (Tout est illuminé, Extrêmement fort et incroyablement près) ont été réalisées par Jonathan Gray. Si vous ouvrez le livre, vous verrez qu'il ne s'agit pas seulement une œuvre romanesque. Tree of codes est aussi une œuvre d'art conceptuel qui s' inspire de la technique du cut-up de Brion Gysin et expérimentée par William S. Burroughs.


Jonathan Safran Foer a sélectionné l'un des ses livres de chevet, The Street of Crocodiles (La rue des crocodiles, paru en France chez Denoël sous la forme d’œuvres complètes) de Bruno Schulz et, armé de son ciseau, s'est ingénié à creuser littéralement dans le texte. Ce travail de censure a permis d'exhumer une toute autre histoire, puisque les mots imprimés sur la page suivante s'insèrent dans les phrases découpées. Ce mille-feuille plein de méandres de papier, raconte, selon son auteur, « la très longue dernière journée d'une vie ». En fait, si j'ai tout compris, le personnage principal est un jeune garçon évoquant la mort d'un parent.


Le recueil de Bruno Schulz, paru il y a une vingtaine d'années, est déjà un objet hybride, difficile à définir. Il est composé de plusieurs chapitres qui peuvent être lus comme des nouvelles. Ils évoquent chacun une scène différente de l'enfance de l 'auteur, à Drogobych en Pologne. L'histoire s'étend sur une année et l'ensemble forme un ovni littéraire qui ressemble à un roman biographique et fantastique. Le personnage principal est le propre père de Schulz mais le style rappelle un peu l'univers d'un Gabriel García Márquez. A propos de Bruno Schulz, l'écrivain américain Philip Roth dit Philip Roth : « Plus je lis Schulz, plus je le trouve meilleur que Kafka ». D'autres encore ont comparé l'écrivain et artiste polonais à Robert Musil pour l'écriture ou à Marc Chagall pour l'oeuvre graphique.


Tree of codes, qui sent davantage le coup médiatique que la vraie idée originale, est paru en novembre dernier chez Visual édition, une maison née à Londres en 2009. L'éditeur a déjà fait sensation, il y a quelque temps, avec une réédition de Vie et opinions de Tristram Shandy, gentilhomme de Laurence Sterne, s'appuyant sur le concept d'"écriture visuelle".

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