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Le pianiste déchaîné – Kurt Vonnegut

Ilium, charmant bourgade de l'état de New-York est connue pour son industrie et sa fameuse Ilium Works. Tellement fameuse qu'on peut même la réduire à cette industrie. La troisième guerre mondiale est passée, les hommes sont de retour dans leur foyer et plus personne n'a besoin d'eux.

Le manque de main d'œuvre engendré par le conflit a forcé le développement des machines jusqu'au possible. Ce possible est le suppression de l'homme dans les usines. Les ouvriers sont devenus superflu: la machine est reine, l'ingénieur et l'administrateur roi. Dans ce système si bien huilé tout est contrôlé, planifié. Les plus intelligents sont sélectionnés dès leur sortie du lycée grâce à des tests de QI. Leur avenir est assuré, ils seront formés et deviendront administrateurs ou ingénieurs. L'ordinateur se charge de tout! Quant aux autres, ils devront choisir entre l'armée et la brigade de reconstruction et récupération. Pas de misère matérielle pour eux, la machine est bien rodée, elle donne à tous maisons, nourriture, soins, équipement électroménager... Personne n'a rien à faire, se laisser vivre... Mais quel but à la vie alors? Les petits grondent et se plaignent de cette vie vaine sans travail. Ils en viennent à mépriser diplômes et machines, malgré la propagande qui les entoure.
Paul Proteus vit de l'autre côté du fleuve. Il a un poste haut placé à Ilium Works. Pourtant, Dr Proteus s'ennuie, se pose des questions. Il doute du système qui pourtant l'a favorisé. Riche, occupé, Paul Proteus n'a jamais rien choisi de sa vie. Alors, le Dr Proteus décide un jour de tout remettre en cause.

J'aimerais m'arrêter là tellement, je trouve ce livre déprimant. C'est le premier roman de Kurt Vonnegut, romancier adulé, classifié satirique et révolté. Je me demande pourquoi sauf si la révolte consiste à massacrer l'utopie. C'est, en effet, la grande leçon de ce livre. Penser différent ne sert à rien, penser tout court non plus d'ailleurs. Le changement n'est finalement qu'un loisir de bourgeois en quête d'action. Alors contentons-nous d'un système pourri, au moins on le connaît...
Ce qui me déplaît dans ce livre, c'est la négation de l'éducation qui apparaît en permanence. Selon, Kurt Vonnegut l'apprentissage semble une étape impossible et in-envisageable. Seul l'affrontement stérile est proposé.
Alors avec un bon esprit, j'aurai pu y voir une critique acerbe du monde de l'entreprise, du carriérisme exacerbé, le culte de la réussite... Une vision, ce livre a été écrit en 1952, de ce qui est en train de nous arriver finalement! Mais non, ma première impression domine.

Il paraît que la vraie nature de Kurt Vonnegut n'apparaît que dans ces romans suivants, alors laissez tomber le pianiste et passer au roman suivant.

Titre: Le pianiste déchaîné
Auteur: Kurt Vonnegut
Editeur: Folio SF
Parution: 3 Juin 2010 (original en 1952)
Pages: 489

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