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Vive les Femmes - Reiser

A lire et à savourer sans retenue. "Vive les Femmes" est l’ album que je préfère de ce dessinateur plein d’humour et de générosité. L’introduction, sous le titre, vaut à elle seule la lecture de ce recueil de planches dont les femmes sont les vedettes incontestées.

Elles affrontent les hommes, la misère, les enfants, les incommensurables bêtises de la société masculine. L’auteur aborde tous les problèmes de société auxquels les femmes sont en butte depuis toujours.

On peut constater que dans l’ensemble, peu de choses ont changé dans certaines mentalités ou situations.

De "L’année de la femme" à "Salaire égal, travail égal" en passant par "La casquette à Jules" ou "Pillage de Noel", Reiser égratigne allègrement notre société de consommation.

Ses dessins sont vraiment inénarrables même si d’aucuns les trouvaient "moches" ; d’ailleurs comme il le faisait dire par ses personnages en couverture d’" Ils sont moches " : vous vous croyez beaux ?

La couverture de "Vive les Femmes" vaut à elle seule l’achat du livre, car cette mignonne qui pince les fesses d’un homme tout content, résume bien l’homme gentil qu’était Reiser. Pour lui, il n’hésitait pas à le rappeler, les femmes étaient vraiment l’avenir de l’homme.

On ne rendra jamais suffisamment hommage à Jean-Marc Reiser, disparu beaucoup trop jeune des suites d’un cancer. Né Jean Marc Roussillon le 13 avril 1941 en Meurthe et Moselle, Reiser fut contraint de gagner sa vie à 15 ans afin d’aider sa mère. Lorsqu’on demande aux gens s’ils connaissent Reiser, ils vous répondent bien souvent qu’il dessinait des "livres cochons" ! On ne retrouve presque plus jamais de commentaires sur ce dessinateur anarchiste, profondément anti-militariste, qui prônait l’écologie, à qui l’on intenta un procès pour avoir critiqué le budget de l’armée. Devenir dessinateur humoriste était le but de la vie de Reiser ; il ira chez Ici-Paris qui refuse portant systématiquement ses dessins, mais où quelqu’un lui propose une place de grouillot (sorte de coursier). Il y restera un an, puis est engagé - toujours en tant que coursier - chez un célèbre marchand de vins où ses premiers dessins seront publiés dans le journal interne de la société. La rencontre avec Cavanna va être décisive ; Reiser va être l’un des dessinateurs-phare d’Hara-Kiri et Charlie-Hebdo qui deviendront une référence en matière de critiques irrévérencieuses de notre société de consommation et où se retrouvent Wolinski, Cabu, Delfeil de Ton, le professeur Choron et quelques autres.

En 1970 paraît un premier album " Mon Papa ", dont le personnage principal est un gamin, ayant un père alcoolique qui ne quitte quasiment jamais son verre ou son litron. Tous les albums de Reiser montrent les obsessions de cet homme profondément généreux, qui espérait changer le monde ; il montrait les paumés, laissés pour compte de la société de consommation, la bêtise sous toutes ses formes (guerre, racisme, stupidité des masses). Ses personnages sont autant victimes que bourreaux, souvent ridicules, très bêtes et méchants. Pour Reiser, c’était une manière d’exorciser un passé de pauvreté, fort douloureux pour lui.

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