Je mourrai pas gibier/ Guillaume Guéraud.- Editions du Rouergue. 2006. 75 pages.
ISBN-13: 978-2841567171
Mortagne est un patelin bien franchouillard avec sa scierie, ses vignes et son « « pleu pleu », et on ne se mélange pas, c’est une tradition qui remonte à loin, et les enfants de vignerons seront vignerons et les enfants des ouvriers de la scierie iront à l’usine même si on y respire cette sale poussière qui donne le cancer et fait cracher le sang.
Martial aurait voulu être luthier, mais sous la pression il s’est finalement inscrit en CAP de mécanique pour échapper à l’ambiance violente et triste du village. Interne, il ne rentre que le vendredi soir dans sa famille : un père malade, une mère un peu complaisante, un frère et une sœur et un grand-père. Bref, une famille normale, sauf que le frère est entraîné à faire quelques bêtises par Frédo, le contremaître de l’usine, véritable tête brûlée qui finit par faire de la prison. Terence, le « pleu pleu » vient chaque vendredi chercher Martial à l’arrêt de bus ils ne se parlent pas beaucoup, mais apprécient ce moment jusqu’au jour où Terence ne vient pas. C’est Martial qui raconte ce récit à la première personne, froidement, sans fioriture, crûment.
Il décrit SON monde d’adolescent un peu à part, le monde des adultes lui est étranger ou bien ne lui renvoie que de la misère. Ce n’est pas un garçon violent, mais il ne supporte pas l’injustice, et devient à son tour d’une extrême violence, et cette violence est en quelque sorte « légitime », elle doit sortir.
Issu des cités, Guillaume Guéraud est un auteur très controversé justement à cause de cette violence qu’il revendique et de l’impact qu’elle pourrait avoir sur le lectorat adolescent, mais il ne faut pas oublier qu’il a écrit un roman noir et que ce n’est donc pas la réalité, il faut faire confiance au lecteur et au recul qu’il doit avoir sur ce texte de qualité dont l’alternance de la narration et de l’action captivent d’un bout à l’autre.Imprimé depuis Cafeduweb - Lecture (http://lecture.cafeduweb.com/lire/10737-je-mourrai-pas-gibier.html)